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Audiovisuel public : l'abonnement le moins cher du marché.

Alors qu’Emmanuel Macron propose de supprimer la contribution à l’audiovisuel public s’il est réélu, Allons Enfants rappelle son attachement au service public audiovisuel français et dénonce une mesure populiste. 


Populiste, car la taxe audiovisuelle est impopulaire. Et pour cause, cette taxe n’est ni juste, ni efficace ni acceptée. Ni juste car elle touche tous les téléspectateurs, indifféremment de leur niveau de ressources, et en encore plus durement les classes populaires qui disposent souvent d’une télévision. Ni efficace car elle est difficilement percevable et souvent fraudée. Ni acceptée enfin car l’audiovisuel public n’a pas su se moderniser et perd de son attractivité face à l’offre privée à la télévision et sur internet.


Pourtant, dans un contexte où chaque candidat·e, de gauche comme de droite promet de baisser les impôts des français, 

il est bon de rappeler que les taxes, les impôts, les redevances et les cotisations sociales financent notre   modèle   social,   économique   et   culturel   auquel   nous   sommes attaché·e·s. En particulier, la contribution à l’audiovisuel finance notamment 13 chaines de télévision et trois sociétés de radios qui diffusent près de 5 stations nationales et 44 stations décentralisées, avec du contenu de qualité, varié, local, neutre et utile. 


La suppression de la taxe audiovisuelle proposée par Emmanuel Macron, sans proposer ni préciser comment le service public continuera d’être financé, s’apparente davantage à un préalable à la privatisation organisée et calculée de l’audiovisuel public : 


quand on veut se débarrasser d’un service public, on commence par organiser ses dysfonctionnements en lui coupant ses financements. C’est d’autant plus facile lorsque son financement apparait comme flou, injuste et injustifié aux yeux des français·e·s qui la payent. Toutefois, réaffirmer son attachement à notre modèle culturel n’empêche pas d’y poser un regard critique et de vouloir son évolution. 


Si la contribution à l’audiovisuel public devait être effectivement supprimée, nous proposons un financement plus progressif, notamment en rajoutant des tranches de progressivité à l’impôt sur le revenu. 


Mais à 127€ par an et par foyer, si cette contribution devait se maintenir, l’audiovisuel   public   resterait   l’«abonnement» audiovisuel le moins cher du marché : à 10.58€ par mois, il est moins cher que Netflix, Amazon Prime, Canal Plus et toutes les autres offres privées existantes pour le sport, le cinéma et la musique. Cette compétitivité ne peut néanmoins prospérer sans opérer un remodelage ambitieux de l’audiovisuel français. Allons Enfants propose : 


-L’extension de la contribution à l’audiovisuel aux appareils autres que les télévisions dans une moindre proportion, dans une démarche d’équité avec les autres utilisateurs de plateformes ;


-Une plateforme web sur le modèle de SALTO, mais libre d’accès et sur laquelle l’ensemble des programmes, œuvres et productions du service public audiovisuel français seraient accessibles, en plus de programmes dont il aurait fait l’acquisition ;


-La création d’une grande chaine sportive 100% publique et en clair qui rendrait plus accessible la diffusion de pratiques sportives différenciées et mixtes : diffusion du tour de France et des JO sans « bascule», acquisition de droits TV pour le foot et les sports moins visibilisés, en particulier les disciplines féminines.


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