Taxi, VTC et ubérisation de l’économie

Posted by AE on 4 février 2016 in Non classé

uber-shutterstock-141114

Petit historique du conflit :

2009 : Apparition des VTC Janvier 2013 : Premières grèves de taxi en France 1er janvier 2015 : Entrée en vigueur de la loi Thévenoud ( rend UberPop illégal ) Janvier 2016 : Grèves des taxis

Quelles sont les revendications des taxis aujourd’hui :

Les taxis considèrent aujourd’hui qu’ils subissent une concurrence déloyale de la part des VTC. En effet, ces derniers doivent acheter une licence pour pouvoir exercer leur métier. Cette licence qui valait plus de 200 000€ il y a quelques années à vu son prix baisser avec l’arrivée des VTC. C’est donc une perte de valeur sèche pour les taxis qui se sont souvent endettés pour acquérir ces licences. De plus les taxis réclament une harmonisation du système social et fiscal. Les taxis répondent du régime des artisans alors que les VTC sont pour la plupart sous le régime d’auto-entrepreneurs. Enfin les taxis réclament l’application de certaines dispositions de la loi Thévenoud. Par exemple l’obligation faite aux VTC de retourner au parking entre chaque course ou encore la maraude ( possibilité de récupérer des clients en se faisant héler sur la voie publique ).

Ce que ce conflit dit de nos politiques :

Tout d’abord sur la forme, il faut que les taxis manifestent violemment et prennent en otages régulièrement les automobilistes franciliens pour se faire entendre par le gouvernement. Ces méthodes violentes sont bien évidemment condamnables. Ensuite, ce conflit est symptomatique de ce que les politiques font trop souvent : un problème = une loi. Or comme on le voit sur ce problème très précis les lois sont souvent bâclées, inadaptées et inapplicables. Enfin il dit l’incapacité de nos politiques à anticiper, à comprendre et à penser les enjeux et les bouleversements que la révolution numérique fait subir à nos sociétés.

Ce qu’Allons Enfants propose :

Pour régler ce conflit rapidement, les solutions sont conventionnelles : Un fond d’indemnisation pour les taxis ayant acheté une licence doit être mis en place pour dédommager les chauffeurs de taxi. Ce fond ne doit pas être abondé par l’Etat ou les contribuables mais par les sociétés VTC et taxis ( G7, Taxi Bleue ). Cela peut prendre la forme d’une très faible taxe sur chaque course effectuée. Il faut également harmoniser les conditions d’exercice pour que la concurrence soit la plus loyale possible.

A plus long terme, il faut absolument que le politique s’empare de la question de l’impact de l’économie collaborative et/ou de partage sur nos systèmes sociaux traditionnels. Il faut définir un nouveau cadre permettant à ses entreprises de se créer ou de s’installer en France. Ces dernières permettent souvent de casser des monopoles d’améliorer des services, de créer de l’emploi et d’apporter de nouveaux usages. Cependant, la libéralisation que ces entreprises entraînent sur les différents marchés ne doit pas créer d’espaces de non droit. Il faut donc être à l’initiative et ne plus se retrouver dans des situations de conflits larvés comme celui entre les VTC et les taxis.