Le Plan Etudiants vu par des étudiant·e·s

Posted by AE on 25 novembre 2017 in Les points d'actualité

LE PLAN ÉTUDIANTS VU PAR DES ÉTUDIANT·E·S

QUE PROPOSE CETTE RÉFORME ? 

#DECRYPTAGE

Aider les étudiant·e·s à s’orienter

Pour les terminales : instauration de deux semaines dédiées à l’orientation. Le gouvernement promet également une plus grande implication des professeurs à travers notamment l’avis du conseil de classe sur le projet scolaire de l’élève. De plus, désormais deux professeurs principaux seront attribués à chaque classe pour accompagner au mieux les élèves dans leur orientation.

Le plan étudiants entérine la suppression d’APB et confirme la création d’une nouvelle plateforme de vœux qui permettra aux étudiant·e·s de soumettre douze choix sans ordre de préférence au lieu des 24 précédemment possible. Les étudiant·e·s obtiendront obligatoirement une réponse à chaque vœu en mai et non plus en juin afin de leur permettre de rebondir plus facilement.

Nos jeunes bachelier·e·s auront aussi la possibilité de faire une année de césure après le bac pour “mûrir/grandir” et trouver leur voie.

Développer l’accès à l’université

 

L’Etat souhaite mettre en place des parcours plus personnalisés, plus adaptés à la sensibilité de chacun. Les diplômes seront donc modulés par l’élève selon ses choix.

Les lycées auront le choix (sauf dans les filières bondées comme Staps). Ils pourront choisir ce qu’ils veulent faire selon la réponse de l’établissement supérieur : OUI (l'étudiant·e valide tous les prérequis), OUI SI (l’étudiant·e suit des formations/remises à niveau), EN ATTENTE de disponibilité & NON.

Le gouvernement a entendu le mécontentement des parents et des étudiant·e·s : il met fin au tirage au sort à l’entrée de l’université (ce n’est pas trop tôt non ?)

Victime de leur succès, les filières surpeuplées comme Staps, Psycho ou Droit offriront davantage de places aux lycéens.

Améliorer la qualité de vie des étudiant·e·s.

Fin des mutuelles étudiantes (SMEREP/LMDE) & suppression de la cotisation de sécurité sociale (217 euros)

#augmentationdupouvoirdachat

Construction de 60 000 logements étudiants

Ce “Plan Etudiants” répond à de nombreuses demandes de longues dates : les étudiant·e·s et les jeunes se sentent enfin écoutés ! Le bilan est positif même si quelques points méritent d’être éclaircis ou revus.

En effet, la création de plus de places en STAPS ou Psycho n’est pas la solution car il n’y a parallèlement pas d'augmentation du budget alloué aux universités. Cela risque d’engorger encore plus ces filières et être donc source d’une dégradation de l’enseignement. Les étudiant·e·s choisissent fréquemment ces filières par défaut car ils n’ont aucune idée de quoi faire après leur bac, faute d’un bon accès à l’information. En augmentant le nombre de places dans ces filières, le gouvernement risque d’inciter encore plus de bachelier·e·s à y aller sans pour autant encourager une meilleure orientation en amont.

Désormais, les établissements auront la possibilité d'imposer des pré-requis, appelés gentiment "attendus" dans le discours officiel, que les élèves devront remplir pour accéder à la formation. Ces pré-requis devront être étroitement surveillés pour éviter qu'ils ne se transforment en modes de sélection et d'élitisme déguisés.

Par ailleurs, le gouvernement pousse et accompagne davantage les jeunes dans les études supérieures. Cependant l’Etat a oublié et n’a pas communiqué sur les filières professionnelles et technologiques qui sont pourtant très importantes et sous valorisées. Les besoins dans ces secteurs sont énormes et les rémunérations à la clef sont souvent plus importantes que des études supérieures “classiques”.

Enfin, aucune mesure n’est prévue pour aider les jeunes à trouver un emploi. En mars 2017, près d’un jeune français de moins de 25 ans sur quatre (23,7%) était sans emploi… Il serait donc judicieux de faciliter leur insertion dans la vie professionnelle. C’est mignonnet de faire en sorte que les jeunes soient épanouis dans leur choix d’étude mais l’idéal serait qu’ils trouvent un boulot après !

“Le taux d'échec en France au bout de quatre ans d'université est aujourd'hui d'environ 60%”

"Seuls 30% des étudiant·e·s obtiennent leur licence en trois ans ; ils sont 10% de plus à l'obtenir en quatre ans" – Edouard Philippe

Source : https://www.capital.fr/economie-politique/edouard-philippe-annonce-un-plan-etudiant-1240917

Chez Allons Enfants, l’un des points qui nous tient à cœur, c’est la revalorisation de l’apprentissage. Aujourd’hui délaissée et méprisée par les technocrates et enseignant·e·s français·es cette filière a pourtant tout pour plaire : acquérir un diplôme tout en bénéficiant d’une expérience professionnelle rémunérée, se confronter au monde du travail, être accompagné par un maître de stage qui guide et facilite l’insertion dans l’entreprise ainsi que de préparer sereinement et activement son avenir en étant acteur de son cursus. De plus, selon des études, 90% des apprentis trouvent un emploi dans l’année suivant l’obtention de leur diplôme. Que demande le peuple ? Une consultation a été lancée en octobre par la ministre du Travail Murielle Pénicaud. Nous attendons avec impatience ses conclusions et le "Plan Apprentissage" du gouvernement !

Source : http://www.midisup.com/apprentis_avantages.html

Nous souhaiterions également faciliter les passerelles entre les licences à l’université. En effet, même si l’Etat souhaite mettre l’accent sur l’orientation au lycée, de nombreux jeunes continueront de se réorienter. Nous pensons donc qu’il est indispensable de faciliter ce changement de cursus tout en permettant à l’étudiant·e de valoriser les années d’études supérieures déjà réalisées. Selon nous, le fait qu’un·e étudiant·e ayant effectué deux années de droit soit obligé·e de recommencer à zéro pour être transféré·e dans un autre domaine est inutile et source de découragement.

C’est pourquoi, nous proposons aux élèves d’avoir accès à des formations en fonction des crédits qu’ils ont déjà obtenus. Cela aiderait l’étudiant·e à se réorienter (trouver sa nouvelle voie en le faisant découvrir de nouveaux secteurs) ou à accélérer le cycle de ses nouvelles études. Le but est de donner plus de valeur aux crédits ECTS (en faire une sorte de monnaie virtuelle).

De plus, les professeurs donnent régulièrement leur avis sur le choix d'orientation des élèves lors du conseil de classe. Nous pensons donc qu’ils devraient suivre des formations pour se mettre à jour au niveau post-bac afin d’accompagner au mieux leurs élèves !

Enfin, l’État devrait encourager ses jeunes à aller dans des filières qui manquent cruellement de personnel en augmentant les quotas de recrutement (en médecine par exemple). Cela permettrait d’aider à lutter contre les déserts médicaux et le recrutement de médecins étrangers. Pour cela, intégrer les régions au processus d’orientation serait tout à fait logique car elles connaissent parfaitement leurs propres besoins. En effet, elle se chargent déjà de l’apprentissage et ont une compétence légale dans le développement économique de leurs territoires : alors pourquoi pas l’orientation de leurs étudiant·e·s ?

Pour retrouver notre programme aux législatives 2017, c'est ici

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