Allons plus loin

Posted by AE on 14 octobre 2017 in Les points d'actualité

ALLONS PLUS LOIN !

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, un vent d’unification souffle sur le monde entier. Sous l’impulsion du français Robert Schuman, ministre des affaires étrangères français, ceux qu’on appelle aujourd’hui les « Pères de l’Europe » fondent en 1951 la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, première ébauche d’un rapprochement européen. Celle-ci rassemblait la Belgique, la France, le Luxembourg, l'Italie, les Pays-Bas et la République Fédérale d'Allemagne pour rendre les conflits armés impossibles en créant un marché unique du charbon et de l’acier, matériaux stratégiques en temps de guerre

Cette union de six pays évolue en Communauté économique européenne après le traité de Rome de 1957. Cette alliance est alors uniquement économique, et non politique.

C’est en 1992 que le terme Union Européenne fait son apparition dans le traité de Maastricht, qui dépasse l’objectif économique de la CECA pour instaurer une coopération politique entre ses membres.

Le mouvement fédéraliste se poursuit avec la création en 1999 d’une monnaie unique, l’euro, qui parachève l’union économique et monétaire. Sur les actuels 28 Etats membres de l’UE, 19 font partie de cette Zone Euro.

          DES INSTITUTIONS PROPRES A L’EUROPE

Le pouvoir exécutif de l’Union Européenne se divise en deux organes :

 

  • Le Conseil européen, sorte de G20 de l’Union Européenne où les chefs d’Etat des Etats membres se réunissent afin de définir les grandes orientations politiques et économiques de l’UE.
  • La Commission Européenne, dont le Président nomme les 28 commissaires européens. Ils veillent à mettre en œuvre et à faire appliquer les politiques européennes.

Le pouvoir législatif de l’Union Européenne se divise en deux organes :

  • Le conseil des ministres sert aux gouvernements de l’UE à se réunir par ministère afin de décider des grandes législations européennes.
  • Le Parlement Européen, en codécision avec le Conseil, vote le budget accordé à l’UE ainsi que les actes législatifs de l’UE proposés par la Commission.Il est élu tous les cinq ans par les citoyen·ne·s des Etats membres (élections Européennes).

Le 26 septembre dernier le Président Emmanuel Macron annonçait un ensemble de projets de réformes pour l'Union Européenne : Sécurité & défense, réfugiés, jeunesse, économie et institutions européennes.

Allons Enfants s'est penché sur ces propositions et vous donne sa position sur ces 5 grandes thématiques.

SECURITÉ & DEFENSE

 

LES PROPOSITIONS D'EMMANUEL MACRON

Une « force commune dintervention » européenne pour 2020.

Un budget de défense commun et une « doctrine commune » pour agir.

Une académie européenne du renseignement pour « assurer le rapprochement de nos capacités de renseignement ».

Un parquet européen contre le terrorisme.

Création d’une « force européenne de protection civile mettant en commun les moyens de secours et dintervention pour répondre aux catastrophes de moins en moins naturelles comme les séismes et les inondations. »

 

CE QU’EN PENSE ALLONS ENFANTS

Les tristes événements terroristes qui ont frappé la France ces dernières années n’ont fait que souligner le problème de coordination sécuritaire de l’Union Européenne : c’était le cas lors des attentats du 13 novembre puisque les assaillants étaient connus comme étant radicalisés par les autorités belges, mais ces informations n’ont pas traversé la frontière. Ainsi, il y a une nécessité d’une force d’information fédérale regroupant tous les renseignements recueillis dans les pays ressortissants de l’UE. A l’image du FBI aux Etats-Unis, cela permettrait une meilleure entente et coordination dans toute l’Europe. Allons Enfants ne peut donc qu’encourager une potentielle « académie européenne du renseignement ».

En outre, il est plus que temps de trouver une cause commune à toute l’UE pour unifier nos forces. Ainsi, pour faire face aux déréglementations climatiques qui mènent aux catastrophes naturelles, l’Eurocorps, état-major européen regroupant 60 000 militaires de 9 nationalités différentes, pourrait devenir une véritable armée européenne et servir de base à la constitution d’une force commune d’intervention.

REFUGIÉS

 

LES PROPOSITIONS D'EMMANUEL MACRON

Création d’un office européen de l’asile et d’une police européenne des frontières « pour maîtriser efficacement nos frontières, accueillir dignement les réfugiés () et renvoyer rapidement ceux qui ne sont pas éligibles au droit dasile »

Mise en place de fichiers interconnectés et de documents d’identité biométriques sécurisés.

Installation d’un programme européen de formation et d’intégration pour les réfugiés

 

CE QU’EN PENSE ALLONS ENFANTS

Malgré la volonté affichée du Président de la République de répondre, ici aussi, de manière collective et européenne au problème de la crise des réfugiés, il semble que ses réponses soient vagues pour un problème des plus urgents. La réalité est simple : l’UE a été inefficace face à la crise des réfugiés. Elle a laissé seules l’Italie et la Grèce face aux vagues de populations fuyant la guerre : depuis janvier 2017, 100 000 réfugié·e·s ont traversé la mer pour l’Italie, 54 000 pour la Grèce. Malgré les aides financières d’urgence, l’Union Européenne doit se montrer à la hauteur des valeurs qu’elle prône. A l’image de l’Allemagne ayant reçu un million de réfugié·e·s, les pays de l’UE doivent se répartir les vagues de populations afin d’éviter à certains pays d'avoir à gérer cela seuls, s’il le faut en créant un quota de migrant·e·s à accueillir selon la population du pays. Nous voulons également accélérer les demandes d’asiles pour les mineur·e·s isolé·e·s au niveau européen. Le budget du Frontex (l’agence de contrôle et de gestion des frontières extérieures de l’UE) doit aussi être nettement augmenté : en 2017, il n’était que de 300 millions d’euros ! L’augmentation de ce budget visera donc à renforcer les moyens déployés en mer pour sauver des vies tout en concentrant les forces sur la poursuite des passeurs.

JEUNESSE

 

LES PROPOSITIONS D'EMMANUEL MACRON

Que chaque jeune Européen·ne ait passé au moins 6 mois dans un autre pays européen (50 % d’une classe d’âge en 2024) et que chaque étudiant·e parle deux langues européennes d’ici 2024.

Créer des Universités européennes, réseaux d’universités qui permettent d’étudier à l’étranger et de suivre des cours dans deux langues au moins.

 

CE QU’EN PENSE ALLONS ENFANTS

Nous devons aller plus loin !

Le système Erasmus ayant conquis l’Europe étudiante, ces propositions risquent de sonner creuses. En suivant cet exemple, il faudrait poursuivre les liens européens que tissent les étudiant·e·s en Europe en proposant la même démarche aux jeunes travailleur·se·s : leur proposer de passer un an en stage dans un cadre professionnel européen. Et même commencer cela dès les études secondaires en inculquant aux jeunes la culture de la citoyenneté européenne. Il est aussi fondamental d’encourager l’implantation des universités et écoles dans plusieurs pays européens en augmentant les subventions pour celles présentes dans au moins trois pays de l’UE.

Nous pensons au monde de demain, le nôtre et celui de nos enfants : ce défi numérique est un défi européen, il est donc essentiel de le mettre au service de la culture européenne grâce à des visites virtuelles de musées européens ou des bibliothèques numériques paneuropéennes avec des œuvres en VO et traduites.

ECONOMIE

 

LES PROPOSITIONS D'EMMANUEL MACRON

Créer un budget de la zone euro, piloté par un·e ministre des Finances et contrôlé par un Parlement ;

Lutter contre le dumping social en Europe en revenant sur la directive « travailleur·se·s détaché·e·s », harmoniser l'impôt sur les sociétés (déterminer une fourchette de taux), discussion pour déterminer un salaire minimum européen, et des niveaux de cotisations sociales moins disparates ;

Taxer les géants du numérique sur la base du chiffre d'affaires réalisé dans chaque pays, et non plus en fonction des bénéfices perçus dans des Etats à faible fiscalité.

 

 

CE QU’EN PENSE ALLONS ENFANTS

Face à l’immobilisme de la politique économique européenne dû au manque d’unanimité au sein de l’Eurogroupe, doter la zone euro d’un organe décisionnel propre permettrait de lui donner un nouvel élan vers plus de convergence et une stratégie dont elle manque cruellement actuellement.

Il nous parait toutefois indispensable que cette instance de décision soit profondément démocratique et reflète la volonté de la population européenne, c’est pourquoi la proposition de nommer un·e « ministre de la zone euro » nous parait floue et appelle des précisions sur le mode de nomination de ce·tte dernier·ère. C’est pour cela que nous pourrions faire élire un·e Président·e de l’Eurogroupe par le Parlement Européen, afin qu’il·elle soit élu·e indirectement par les citoyen·ne·s européen·ne·s.

Une autre question est celle du budget de la zone euro, l’écueil que nous redoutons étant d’en faire un micro budget, à l’image du budget actuel de l’UE qui représente à peine 1,5 % du PIB européen et ne permet pas de financer de politiques structurelles et réellement redistributives. Nous sommes pour lancer le débat sur un budget européen qui permettrait de réduire la fracture entre les pays du Nord et les pays du Sud, mais sur le court terme nous pensons que ce dont a besoin la zone euro est surtout une coordination des budgets nationaux s’accompagnant de la convergence des marchés du travail pour diminuer les asymétries entre pays.

Un des enjeux majeurs de la politique économique européenne repose en effet dans le dumping fiscal et social, conséquence directe de l’absence de norme européenne s’imposant à tous. C’est pourquoi taxer les géants du numérique selon le chiffre d’affaire qu’ils réalisent dans chaque pays nous parait être une solution pour mettre fin à leurs techniques d’optimisation fiscale (Apple, Facebook, Google… ont tous leur siège social en Irlande. Coïncidence ? Nous ne croyons pas.) Dans cette même optique, il serait bénéfique que non seulement les taux, mais également les bases servant au calcul de l’impôt sur les sociétés soient harmonisés au niveau européen. En ce qui concerne le dumping social, nous prônons une harmonisation vers le haut : garantir à l’ensemble des citoyen·ne·s européen·ne·s un revenu minimum, accompagné d’une convergence du coût du travail via l’encadrement des cotisations sociales (n’oublions pas que ces dernières, par définition, financent la protection sociale et sont un moyen de garantir la protection des salariés), premier pas vers une Europe sociale qui garantit un niveau de vie décent à tous ses habitants.

INSTITUTIONS EUROPÉENNES

LES PROPOSITIONS D'EMMANUEL MACRON

Volonté d’une UE à « plusieurs vitesses » ; Réduire le nombre de membres de la Commission à 15. Les « grands pays » « donnent l’exemple » en renonçant à leur commissaire.

CE QU’EN PENSE ALLONS ENFANTS

Une Union Européenne « à la carte », par définition, n’est pas une réelle Union. Cela entrainerait la création de plusieurs pôles de domaines différents en Europe, ce qui rendrait la gouvernance plus que complexe.

Avant d’atteindre une Union fédérale où tous les pays pourraient avancer comme un, l’UE doit encourager les pays volontaires à aller plus loin, et pas seulement les « grands pays », sur tous les domaines possibles. Cependant, l’UE doit être inclusive mais ferme : tout pays ne respectant pas les principales valeurs de l’UE doit en être exclu : la liberté d’expression bafouée en Hongrie doit être fermement condamnée. C’est la seule manière d’avancer vers une Europe plus juste et moins exclusive.

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