Présidentielle et problèmes de représentativité

Posted by AE on 12 mai 2016 in Les points d'actualité


La loi de modernisation des règles applicables à l’élection présidentielle :
Le 26 avril dernier la loi modifiant certaines règles applicables à l’élection présidentielle a été promulguée au journal officiel. Après avoir été adoptée par seulement 11 députés, elle fut définitivement votée le 5 avril 2016. Malgré quelques contestations des petits partis et quelques articles dans la presse, cette nouvelle est passée relativement inaperçue. Pourtant elle modifie de façon significative les règles de l’élection centrale de notre république.
Voici les différents changements que cette loi prévoit :
La nouvelle loi oblige maintenant à rendre publiques toutes les signatures des élus. L’objectif annoncé est celui de la transparence et il est tout à fait compréhensible qu’on puisse vérifier le parrainage de son élu local. Cependant cette disposition va avoir pour effet d’accentuer les pressions des gros partis envers les élus locaux pour limiter les parrainages des petits candidats qui leur prendraient quelques pourcentages de voix au premier tour.
Ensuite cette loi oblige maintenant les élus d’envoyer eux mêmes leurs parrainages au conseil constitutionnel alors que cette charge était auparavant à la charge du candidat. Cela rendra à nouveau plus difficile l’obtention des 500 signatures de parrainage car un maire pourra ainsi promettre sa signature sans que le candidat n’ait l’assurance absolue de pouvoir compter dessus.
La disposition qui a fait le plus de bruit concerne l’égalité de temps de parole. Jusqu’ici une règle d’égalité stricte permet à chaque candidat d’avoir le même temps de parole pour tous les candidats pendant les 5 semaines précédents le 1er tour de l’élection. La nouvelle loi limite à 15 jours cette période d’égalité stricte. Le « principe d’équité », basé sur « la représentativité de chaque candidat » et sa « contribution à l’animation du débat électoral » prévaut dorénavant en terme de répartition du temps de parole.
Enfin cette loi réduit de 12 à 6 mois la période durant laquelle les dépenses électorales des candidats sont comptabilisées. Les élus ayant un gros parti derrière eux ou le président sortant pourront donc compter sur des moyens bien plus importants pour faire campagne. Cela ajoute donc bien plus d’iniquité dans le processus électoral de cette campagne.

La vision d’Allons Enfants

Allons Enfants est opposé à cette loi pour toutes les raisons exposées auparavant. Cette loi tend à fermer l’élection présidentielle, à la réserver aux candidats désignés par les grands partis. A l’heure où les français sont de plus en plus défiants envers la classe politique et les partis politiques traditionnels, cette loi a pour objectif de verrouiller le débat et d’assurer à ces partis la primauté du débat présidentiel. Même si il serait stupide de dire aujourd’hui que ces partis ont peur de l’émergence d’un candidat issu de la société civile ou d’un parti non-traditionnel, cette loi les assure en tout cas qu’aucun de ces phénomènes nouveaux ne puissent émerger et perturber le déroulement classique de cette élection.

Ce que propose Allons Enfants

Allons Enfants est conscient qu’il faut modifier le processus d’accession à la présidentielle. La crise de la représentativité qui traverse actuellement la société française nous montre que l’offre politique française quoique très large n’est plus en phase avec la société. L’élection présidentielle étant le moment central de la vie politique française, il faut que des forces politiques nouvelles puissent émerger lors de ce moment démocratique central.La modernisation du scrutin présidentiel est nécessaire notamment sur la problématique de sélection des candidats. Si la transparence des signatures pose des problèmes d’indépendance, elle apparaît néanmoins comme nécessaire et éthique pour la démocratie.
C’est donc le principe même des signatures que nous remettons en question. En effet, ce modèle favorise les gros partis, mais aussi les petits partis historiques représentés par les mêmes candidats élections après élections : Poutoux, Cheminade, Arthaud etc. Malgré le peu d’écho qu’ils ont chez les électeurs, ces candidats parviennent à obtenir leurs parrainages auprès des élus locaux sans difficulté. En parallèle, les candidats issus de la société civile et des mouvements citoyens de plus en plus nombreux vont se retrouver face à l’impossibilité de se présenter malgré un engouement populaire réel et croissant. C’est pour toutes ces raisons qu’Allons Enfants a décidé d’entamer une réflexion sur les conditions nécessaires pour devenir candidat. C’est pour cela qu’Allons Enfants propose d’ouvrir le parrainage des candidats aux citoyens. Un modèle où les parrainages citoyens et ceux des élus se complètent nous paraît pertinent. Un système dans lequel 2500 parrainages citoyens vaudraient 1 parrainage d’élu par exemple. D’autres options peuvent être envisagées : 500 000 parrainages de citoyens ? 100 000 ? Avoir déjà été élu à l’échelle locale ? Être à la tête d’un mouvement ou d’une association avec plus de 1000 adhérents ? Le débat est en cours et nous trancherons avant la sortie de notre programme pour 2017 à la rentrée prochaine
De plus Allons Enfants propose de rétablir l’égalité de temps de parole à 5 semaines avant le début de l’élection présidentielle.
Enfin il faut revenir sur la durée de comptabilité des comptes de campagne. L’équité financière est fondamentale dans le système électoral français et il faut absolument conserver cette particularité tout en étant le plus vigilant possible sur la conformité des comptes de campagnes de chaque candidat aux règles.
Pour résumer nous sommes pour une égalité stricte des candidats pendant la campagne, avec la possibilité pour de nouveaux candidats plus représentatifs de la société française d’émerger.