Manifeste – Les droits des Femmes

Posted by AE on 10 avril 2016 in Les points d'actualité


Mardi 8 mars, le monde observait la « Journée du Droit des Femmes ». Cette initiative a pour but de célébrer les réalisations des femmes à travers le monde, sans égard pour leurs différences. Mais c’est aussi et surtout une occasion de dresser un bilan sur la situation des femmes et les combats qui restent à mener, afin de préparer l’avenir qui attend les futures générations.
En effet, si certains en doutent encore, il semble essentiel de rappeler qu’il existe toujours aujourd’hui de nombreuses revendications qui restent à honorer pour la cause des femmes.
D’une part, il faut reconnaître des faits indéniables. Près de 3 millions de femmes sont excisées chaque année. Selon l’UNICEF, en 2014, on comptait 700 millions de femmes ayant été victimes de mariage forcé, dont 250 millions de mineures. L’ONU distingue également de nombreuses violences faites à l’égard des femmes (physiques, sexuelles, psychologiques ou économique), et relève que 70% des femmes sont victimes de ces violences au cours de leur vie. La Banque Mondiale, quant à elle, observe que le risque de violence conjugale et de viol pour les femmes (âgées de 15 à 44 ans) est supérieur aux risques de cancer, d’accident de la route, de guerre et du paludisme réunis.
Et la France n’est pas en reste. Chaque année, 86 000 femmes sont victimes de viol ou tentative de viol. Une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint. 53 000 femmes adultes auraient subi des mutilations sexuelles (Chiffres : Ministère de la famille, de l’enfance et du droit des femmes). Sans parler des inégalités économiques (notamment les tristement célèbres 20% d’écarts salariaux entre les hommes et les femmes en France) – ou politiques (on ne compte encore que 27 % de femmes à l’Assemblée, 25 % au Sénat).
D’autre part, l’un des grands théâtres de revendications pour les femmes est celui de la lutte contre les stéréotypes de genre. A défaut d’être universellement partagé, ce combat est défendu par une partie de la mouvance féministe. Ce courant considère que l’éducation des filles et des garçons est différenciée, et in fine inégalitaire. L’éducation et l’imaginaire collectif inculqueraient aux jeunes hommes des valeurs socialement valorisées (courage, force, persévérance, rigueur…), quand seraient réservées pour les filles d’autres plus disqualifiantes (fragilité, attentisme, douceur, superficialité…). Ce constat peut paraître caricatural pour certains, mais qu’on le déplore ou non, force est de constater qu’il existe des différences de traitement des filles et des garçons. Ces différences débouchent-elles vraiment sur des inégalités contre lesquelles il faudrait lutter ? Le débat reste ouvert, mais est bien au cœur d’interrogations autour des inégalités entre les sexes aujourd’hui.
Malgré ce constat déplorable, il est indéniable que depuis une cinquantaine d’année la situation des femmes à travers le monde a particulièrement évolué – et surtout avancé. Les femmes votent dans l’écrasante majorité des pays (démocratiques !), travaillent, et accèdent à des postes de premier plan (une femme a encore été élue présidente de la République à Taiwan en janvier dernier). Mais si il est important de souligner ce constat optimiste sur les progrès déjà réalisés, il faut rapidement regarder de l’avant et voir ce qu’il reste encore à faire.

Des chiffres et des lettres.
Allons Enfants considère comme primordiale la question du droit des femmes – et ce aussi bien pour les femmes que pour les hommes. Comment ne pas déplorer des chiffres aussi violents que ceux sur la situation de millions de femmes dans le monde ? Et si nous les regrettons particulièrement, c’est que nous avons parfaitement conscience de la perte que représente pour le monde entier la violence, physique ou symbolique que subissent trop souvent les femmes au quotidien.
Allons Enfants croit que donner plus de droits et de possibilités aux femmes, dans toutes les sphères (politiques, économique et sociale) est profondément bénéfique pour le reste de la société entière. Une illustration simple : si les femmes avaient le même taux d’emploi que leurs homologues masculins, le PIB mondial augmenterait jusqu’à 1,2% en une seule année. Au niveau politique, leur sous-représentation illustre bien la crise de la démocratie représentative que dénonce Allons Enfants. Elles doivent pouvoir accéder aux organes du pouvoir afin d’incarner l’intégralité les sensibilités qui existent chez les citoyens et citoyennes.
Par ailleurs, si nous nous réjouissons de l’égalité formelle (ou légale) atteinte en France, nous déplorons que les stéréotypes de genre persistent. Le droit à choisir librement de ses goûts, sa personnalité, ses aspirations, et sa sexualité doit être reconnu de tous et pour tous – femmes comme hommes. Il faut permettre à chacun de s’épanouir de la manière dont il l’entend, et non comme le voudrait un inconscient collectif un peu trop réfractaire au changement.
Les ambitions pour mettre un terme aux difficultés que rencontrent trop souvent les femmes doivent passer par trois principaux vecteurs : l’éducation, la sensibilisation et aller jusqu’à la sanction.
  • Éduquer des générations respectueuses des différences entre les sexes, et qui n’en feront jamais des inégalités.
  • Sensibiliser les populations à la détresse de certaines femmes à travers le monde, et aux actions qui peuvent être entreprises pour leur défense.
  • Enfin, sanctionner toute personne ou action qui porterait atteinte à l’intégrité physique ou morale de toute femme, ou qui chercherait à restreindre le droit pour les femmes de participer aux vies politique ou économique de leur pays,
Allons Enfants s’engage à mettre toutes ses forces d’action et de réflexion dans ce combat pour l’égalité réelle entre hommes et femmes en France, afin que tous puissent bénéficier des mêmes droits effectifs et des mêmes opportunités.

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